Manifestement, le mot l’étranglait

Période fabuleuse de Foire aux vins durant laquelle les offres alléchantes de la grande distri’ cachent (parfois) des piquettes gouleyantes.
Or donc, appréciant les cuvées maghrébines (avec une pensée particulière pour le Omar Khayyam égyptien) , je suis entré dans une église musulmane parisienne surmontée d’un drapeau algérien. Même pas peur, enfin si un peu. Un gus m’a demandé « tu fais quoi là? ». Je lui réponds que j’aime bien les vignobles algérois et que je voulais connaître leur carte et les prix. Ses yeux durs ont vacillé un instant. « Je suis l’imman et tu me parles d’alcool? » Manifestement, le mot l’étranglait. J’ai pensé aux symptômes du coronamachin, mais non.
Ensuite, il m’a traité de sale … un tas de truc alors que mes ablutions sont, vu ses propres relents, plus récentes que les siennes. Et puis il a vociféré dans cette langue merveilleuse où même la langue allemande semble pacifique.
Pensant qu’il était en rupture de stock et que ça le rendait furax, j’ai fait demi tour. Je lui ai dit: « Je tourne les talons comme Achille » et ajouté, super conciliant, »Salam ».
J’adore la diversité, tu voyages sans trop débourser de sous.
Hommage à mon grand père qui fit sa carrière dans l’armement Schiaffino qui transitait les vins de l’Algérie d’alors à bord de ses pinardiers.