RIP Kirk

RIP Kirk. Et ton beau destin. Dernier témoin d’une époque où si la vie n’était pas rose, du moins était-elle encore individuelle. A propos de Spartacus, personnage emblématique récupéré autant par les controverses historitciennes que par les idéologues de tous poils dont on sait désormais que leur gourouterie n’a d’autre but – passé le temps de l’enthousiasme – que celui de leur confort terrestre. Ça y est, je m’emballe.

Un épisode m’a toujours séduit dans l’histoire de Spartacus. Lorsque, après la mort de son pote Crixus, il écrase les légions romaines qui l’attaquent. Et, qu’il organise les jeux funèbres dans la vallée des Abruzzes. Où les Romains faits prisonniers sont contraints de s’entretuer dans un combat de gladiateurs dans un grand cirque de bois construit à cet effet.

O tempora o mores. Senatus haec intellegit, consul videt ; hic tamen vivit. Vivit ?

Imaginons un tel combat où godillots et larbins s’affrontent. Ou bien se couchent en appelant leur Maman.

Traduction : ô temps, ô mœurs. Le Senat sait, le Consul a vu et pourtant il vit. Il vit ? D’après Cicéron.

Je laisse la versification à Jeannot ze Fontaine

En pays pleins de Cerfs un Cerf tomba malade.
Incontinent maint camarade
Accourt à son grabat le voir, le secourir,
Le consoler du moins : multitude importune.
Eh ! Messieurs, laissez-moi mourir.
Permettez qu’en forme commune
La Parque m’expédie, et finissez vos pleurs.
Point du tout : les Consolateurs
De ce triste devoir tout au long s’acquittèrent ;
Quand il plut à Dieu s’en allèrent.
Ce ne fut pas sans boire un coup,
C’est-à-dire sans prendre un droit de pâturage.
Tout se mit à brouter les bois du voisinage.
La pitance du Cerf en déchut de beaucoup ;
Il ne trouva plus rien à frire.
D’un mal il tomba dans un pire,
Et se vit réduit à la fin
A jeûner et mourir de faim. I
Il en coûte à qui vous réclame,
Médecins du corps et de l’âme.
O temps, ô mœurs !
J’ai beau crier,
Tout le monde se fait payer.