Même s’il n’était pas le vrai Stéphane Hessel

Il y a des cafés, des brasseries, des restaurants où les clients et leurs conversations te donnent l’envie d’être écrivain ou scénariste. Tu vas à la pêche, direct. Ce soir, après avoir vu La Vérité de Hirokazu Kore-eda avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke, nous sommes donc allés boire un thé en face du cinéma – oui, je m’astreins à du lavage intérieur après les fêtes, – tour d’horizon à la recherche d’une table, plutôt des couples (lire par 2), discutant de trucs ordinaires à leur façon (la Shoah à droite et le cout des maisons de retraite comparé à la vente de son appartement à gauche. Le gars de gauche avait un air de Simon Apkarian et je remarquais que le Monsieur de droite ressemblait à Stéphane Hessel (Indignez-vous !) et que ô palpitations, il avait devant lui l’un de mes ouvrages dont il était, vu la position du marque page, à plus de la moitié. Je lui ai demandé si le livre était à lui, il me répond que oui, vous le trouvez intéressant ? hasardai-je, très je l’ai commencé hier et je ne le lâche plus. Je me présentais comme l’auteur, il a regardé la couverture, ma pomme, la couverture. Puis Stéphane Hessel s’est levé et m’a serré la main très gentiment. Même s’il n’était pas le vrai Stéphane Hessel, j’étais très ému.
A oui ! Le livre c’est Le Licenciement de Thomas Sinelogo.