Un immense concert héliporté d’hélicons

Le premier soir,
Janus le pastoureau
A embouché
Son chalumeau.
Les villageois
N’écoutaient pas,
Ou peu,
Sa musique
Cabalistique.
Furieux,
Il mit le feu
Au clocher
Du village.

Le second soir,
Le pastoureau
Machiavélique
Emboucha
À nouveau


Son chalumeau.
Il en sortit des sons
Hystériques
La police, cornaquée,
N’intervint même pas.

Le troisième soir,
Les villageois
Organisèrent
Un immense concert
Héliporté
D’hélicons
Place de la Nation,
Grand concert spontané
De bassons profonds,
De flutes stridentes,
De trilles ardentes,
De tambours d’orages,
De cuivres tonitruants,
De riffs ébouriffants,
De chants d’enfants,
De slogans
Paysans,
De claquements de crécelles
De chocs de gamelles,
Instruments à vent,
A cordes, à percussion
A l’unisson
De qui passait par là
Et au-delà.

Immense charivari,
Dont le refrain
Scandé,
Répété avec entrain,
Agaçait au plus haut point
Et faisait la tête tourner
A Janus le pastoureau.

Bain de foule
Pour le dirigeant,
Bain de sang
Pour la foule.

Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe
…/… Le vent qui vient à travers la montagne
M’a rendu fou

Gastibelza – Victor H., Georges B. (extrait)