Il est rentré tard à la maison.


Il est rentré
Tard à la maison.
« Tu es un grand guerrier »
Disent ses copains
Policiers.

Toute la journée
Il a gazé,
Bastonné,
Frappé,
Des jeunes, des gentils,
Des vieux,
Des entre les deux.
Sans se soucier
Il l’a oublié,
Qu’il avait choisi son métier
Pour protéger.

Fatigué,
Courbaturé,
Contre sa femme


Il s’est allongé.
Elle s’est levée
Pour aller se coucher
Sur le canapé

Au matin,
Il dormait,
Il avait mal dormi
De la fuite de sa femme,
Et n’était pas réveillé
Lorsqu’elle et leurs enfants
Sont partis :

Ils l’avaient vu à la télé,
Leur père en plan serré,
Les mâchoires contractées
Les yeux absents,
Frappant comme un damné
Piétinant des corps blessés.

L’état lui a octroyé
Un jour de congé
Et 500 balles
De prime à claquer.
Il est rentré bourré.
Trop tard pour dîner.
Personne ne l’attendait
À la maison.

Il a essayé de penser,
A la situation.
Il s’était trop lâché
Pour pouvoir pleurer.
Et puis une larme,
Une larme d’officier,
Aux états
De service appréciés,
Est tombée
Sur le tapis.
Larme d’homme embarqué
Dans un combat
Où il ne se reconnait pas.
Les ordres ne se discutent pas,
Tu te bats
Pour ce que tu n’aimes pas.

Combien faut-il de temps
Au soldat de métier,
Honneur, gloire et patrie,
Au père aimant,
Au mari attentionné,
Pour envoyer
Tout promener 
Parce qu’il est fatigué
De trop penser
A ce qui n’est qu’un métier ?

Posée juste à côté,
Son arme,
Est chargée.