Les expressions à vraiment éviter pour ne pas être catalogué.

Passer de l’inné à l’acquis demande du travail en soi et sur soi. Les héritages – certains ! – sont difficiles à gommer ; c’est souvent le combat d’une vie, une bataille permanente. Une guerre intérieure.
Ainsi, les gens qui ont « compris » comment marche modestement la vie ne prononceront pas certaines expressions.
Comme l’orthographe et la syntaxe pourries, ces expressions catégorisent irrémédiablement.

  1. « Ce n’est pas juste »

Tout le monde sait que la vie n’est pas juste. Si vous le dites en geignant et en vous plaignant, cela implique que vous êtes un grand naïf immature, qui croit que la vie devrait être juste…
Plus grave encore. Lorsque quelqu’un dit que ce n’est pas juste, cela s’accompagne systématiquement du syndrome de la passivité.
Quand quelqu’un dit que « ce n’est pas juste », généralement, il ne fait strictement rien pour que « l’injustice » dont il souffrirait soit corrigée par ses soins par plus de travail, par la décision d’un changement ou toute autre action qu’il pourrait lui-même initier pour faire changer sa propre situation.
L’expression ce n’est pas juste implique que celui qui la prononce attend des autres qu’ils réparent l’injustice dont il se pense victime.

  1. « On a toujours fait comme ça »

Un best ! De l’ouvrier du bas de la chaîne au patron, combien de fois a-t-on entendu « on a toujours fait comme ça » … Surtout, ne changeons rien, ne prenons aucun risque,
Sauf que le monde change !
Le «&nbsp on a toujours fait comme ça » ne respire pas franchement la grande intelligence, ni la hauteur de vue, encore moins une certaine vision de l’avenir !!

  1. « Ça ne prendra qu’une minute »

Si vous avez deux sous de jugeote, vous savez très bien que rien ou presque rien ne prendra qu’une minute. Vous dites donc une bêtise et faites une fausse promesse.
Changer une ampoule ? Oui une minute bien sûr… Aïe, l’ampoule a fondu dans la douille, il me faut une pince. Zut, elle est à vis, je croyais qu’elle était à baïonnette, il faut que j’aille en acheter une à la supérette du coin… Zut ils n’en ont plus, je vais à l’autre, aïe… il y a la queue, ils viennent tous faire leurs courses au mauvais moment… Merde, j’ai oublié ma carte bleue… Je retourne à la maison.
Et voilà comment un changement d’ampoule qui va prendre une minute se termine par deux heures de temps ! C’est un peu grossi, mais vous voyez l’idée. Sous-estimer les choses ne permettra pas de vous faire estimer.

  1. « Je vais essayer »

Il n’y a que les hésitants qui n’ont aucune confiance en eux et qui partent déjà perdant qui vont « essayer » …
Injuste… mais réaliste. On n’essaye pas, on fait pour réussir, sinon, autant ne rien faire. Cela ne veut pas dire que l’on ne risque jamais l’échec, mais si on fait quelque chose, on le fait pleinement et avec engagement. Tous ceux qui « essayent » juste font passer le message implicite qu’ils vont y aller tranquillement, sans trop se fatiguer, et puis que si la réussite n’est pas là, ce n’est pas grave. Mektoub !

  1. « Ce n’est pas dans ma fiche de poste »

Si vous ne faites jamais preuve d’altruisme ni de générosité, vous ne recueillerez pas grand-chose.
Plus grave, si vous vous contentez de votre « fiche de poste », alors ne vous plaignez pas de devoir vous contenter de… votre « fiche de paie » qui risque de ne pas beaucoup évoluer en faisant preuve de ce genre de rigidité.

Il ne faut pas confondre l’altruisme avec le fait de se faire avoir et complètement exploiter. Sortir de sa fiche de poste au sens strict n’implique pas de se faire exploiter, mais de montrer que vous êtes capable d’initiatives et d’évoluer, d’atteindre d’autres types de fonctions en allant y faire quelques incursions.
Le pouvoir ne se demande pas, il se prend ! Tout homme politique sait cela. Appliqué au monde du travail, on ne demande pas une promotion en disant « j’aimerais bien faire cela ». On sort de se fiche de poste, on fait, on montre ses capacités et on est souvent récompensé. Quand vous ne l’êtes pas, alors changez d’employeur, il ne vous mérite pas, et avec tout ce que vous aurez fait en dehors de votre fiche de poste, vous aurez pu vous former et travailler… votre employabilité personnelle, et c’est là que réside votre véritable valeur.

  1. « Ce n’est pas ma faute »

« Ce n’est pas ma faute papa » …
C’est la faute (rayez la mention inutile) :
A la maîtresse, Au prof, Au copain, Au camarade, Au voisin, Au concurrent, Au collègue, A ma mère, A mon père, A mon éducation…
On peut continuer à l’infini.
Mais il y a aussi les « professionnels ». « Ce n’est pas ma faute, c’est la faute à l’injustice » … Là, on s’approche de la perfection.
Tous ceux qui avancent, créent, réussissent ont cela en commun que vous ne les entendrez jamais, les autres. Les autres peuvent être l’État.
« Avec tous les impôts et la fiscalité en France, cela ne sert à rien d’entreprendre » … Dite cela à votre patron qui, lui, entreprend tous les jours. Il – vous – appréciera.
Soyez responsable. Si vous aviez un rôle – aussi petit soit-il – dans tout ce qui a mal tourné, vous en êtes responsable.
Nos actes ont des conséquences. Nous sommes responsables. L’un des plus beaux cadeaux que nous puissions faire à nos enfants dans un monde de déresponsabilisation et de socialisation de tout, y compris du petit-déjeuner offert à l’école, c’est évidemment de leur apprendre le poids de leurs choix, les conséquences de leurs actes.

La différence entre l’âge adulte et l’enfance, c’est cette capacité à comprendre que les actes ont des conséquences.

Quand vous dites « ce n’est pas ma faute », l’autre comprendra que vous êtes irresponsable. Immature.
On en traduira qu’il s’agit de l’essentiel, les 6 « répliques » à ne pas dire lorsqu’on est avec des gens intelligents si l’on ne veut pas passer en une phrase malheureuse pour l’imbécile de la soirée.

Au-delà de sa propre image, c’est toute une façon de penser, de se penser et de penser sa relation au monde, au travail et aux autres.