Editothèque

Mois de labeur au Légué

Il est toujours utile de (se) rappeler l’ensemble des travaux réalisés depuis que Saba – après avoir été remise à l’eau à Paimpol puis été convoyée au Légué – s’est installée à Saint Brieuc.

Et que le yacht eut bénéficié de soins avisés sous la haute autorité de Benoît, le boss de AD Saint Brieuc Plaisance. Shipchandler et nettement plus! Motoriste, électricien, électronicien, …

Travaux – donc – effectués en grande partie dans le superbe hangar Rosengart de la CCI

Grutages et garages très bien effectués par les services du port.

Après l’aérogommage de la coque, le diagnostic fut aisé, donc, c’est parti:

– CharpentierCharpente marine du Légué    Marc Nicolas

Tribord: changement de bordés

Dépose du cale pied avant tribord, scarff, nouveau cale pied, …

Bâbord: changement partiel de la préceinte (avant et arrière), de bordés, pose de remaillets sur 2 bordés. Soit plus de 20 mètres linéaires de bordés changés.

Réparation et changement de l’hiloire tribord (rouf et cockpit)

Réfection du capot coulissant

Doublage en CP des deux roufs

– Avec Béatrice, Sophie, Benoît (surtout) et ma pomme.

Gros boulot. Apprêts, peintures oeuvres mortes et vives, vernis. Décapage total post aérogommage. Enduits, Sous couche totale grise.

Puis peinture coque au pistolet (3 couches) & sous marine au rouleau (3 couches)

Décapage des vernis, démontage des hublots de rouf.

Ponçage pont, nettoyage ancien Sika, défonçage et préparation entre les lattes d’iroko, nouvelle application de Sika.

-Divers « détails »: remonte accastillage, winchs, balcons, rematage, etc….

-AFPA sous la haute autorité de Ronan: nettoyage du guindeau et des winchs.

-Electricité, électronique, moteur: révision, réparation et optimisation par Benoît.

-Passage de drisse de foc effectué par Jean Paul qui est resté accroché là-haut entre 30 mn et 3 jours suivant l’interlocuteur!

Et voilà! Il manque des détails et surtout des heures de travail. Quand on aime, compte-t-on?

 

 

 

Convoyage en mer d’automne. Récit avant l’hiver.

Un jour, tu pars, un autre jour tu arrives (sentence Pagan)

Bon, donc, là, après quelques mois de refit sous la haute autorité de Benoit, il fut décidé de quitter Saint Brieuc pour regagner les cieux rochelais.

A météo peu amène, tu dis amen et tu vas vider un godet en observant la fuite des nuages : même eux se cassent !

Marée nocturne.

Départ prévu le samedi à la marée. Jolie dépression en cours tout à fait encline à ouvrir les bordés et à démolir les enduits, sous couches et peintures de coque avec la possibilité que Saba ressemble à un drakkar bordé à clins. La mésaventure était arrivée au sortir de chantier à Marans : cueillis par un 6/7 arrière dans le pertuis breton ! On ne pouvait s’y méprendre : Saba était construite en bordés francs. Et ça se voyait.

Donc départ reporté effectué le lundi très matin.

Eclusage aux sunlights tandis que les pêcheurs rentraient. Le long chenal voiles hautes, petit travers. C’est parti !

Des vents secteur Est annoncés. Et confirmés.

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Pour le moment la météo…

… donne du près ouvert bâbord amure puis du près plus fermé tribord amure dans les petits airs de beau temps. Suivi, passé Penn ar bed, du spi jusqu’à la fin. Un stop à l’aber Ildut dans le Four channel puis un autre à Yeu.

Pour le moment du moins.

Peut-être ferons-nous tout sous spi?

Ou bien à tirer des bords?

La météo est changeante et pas si statistiquement certaine que cela. Si l’on payait les analystes prévisionnistes à la fiabilité de leurs pronostics, je craindrais pour leur niveau de vie.

Suivre la couleur, la course et la forme des nuages et la direction de la houle aide le marin. Faut juste observer et s’interroger plutôt que de plonger sur les applis et parfois les maudire.

Lorsque tes docksides…

… courent dans tous les sens. Surtout vers la porte en direction de la mer, dis toi qu’il va être temps d’y aller. Juste pour les rassurer. Tu n’es pas rangé sur une étagère terrienne. Tu es un sailor qui aime trop jouer avec la réalité de la mer, des vagues, des vents, des courants, des cailloux et croiser rencontrer des amis, des potes, des souvenirs. Plutôt que d’atermoyer sur la société qui s’auto pourrie, engage-toi à retrouver les tribus d’antan pour mieux résister à la normalisation gouvernementale (tu raques, babouin, j’assume tes besoins – ou pas)

L’agriculteur creuse son sempiternel sillon avant la moisson. Idem pour le navigateur.

Donc là, Saba décolle du Légué le 22 septembre à la marée du soir.

Destination le bassin du musée des chalutiers dans le port ville aux deux tours qui vit passer Aliénor d’Aquitaine, les

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La bonne route

Le 23 soir prochain, Saba quittera Saint Brieuc pour (re)trouver La Rochelle.

Deux options se présentent (cf carte):

par la mer avec une route plutôt longue et de jolis paysages rocheux et sableux,

par la terre avec un trajet plus court mais avec des radars et des feux rouges,

J’hésite

Vais organiser un pow-wow avec l’équipage: Sophie, Benoît et Jean Paul.

Toutes les suggestions sont les bienvenues

Saba sunny time lunch

Joli emplacement
Parmi les vieux gréements
Pour Saba
Tralala
Lors du touch & go
Du Figaro
Urgo
En pays briochin
Au Légué.
Et déjeuner
Concocté
Pour Sophie
Et Benoît mes amis.
La Nadine 2 Rotschild
Qui sommeille en ma pomme
Avait fait les choses bien
Au mieux little child
Après le rhum

Départ le 23 Pour LR

Saba au Légué

Pour la première fois, le port du Légué à Saint Brieuc, accueille la soixantaine de concurrents de la Solitaire du Figaro: du mercredi 29 août au dimanche 2 septembre.

Saba*, toute belle et pimpante, en profite pour s’exposer à proximité de Accastillage Diffusion. Pour accueillir les amis de passage et dédicacer quelques ouvrages collector de Philippe Payen.

Prochaine étape: retour à la mer vers La Rochelle pour retrouver ses camarades du bassin du MMLR. Juste avant le Grand Pavois. Une descente à suivre en live!

* Saba ne fait pas la Solitaire

Passez nos fringues de mer à la machine,

Passez nos fringues de mer à la machine,

Pour voir si les couleurs d’origine

Peuvent revenir*.

Le sujet est sempiternel : comment dessaler nos vêtements de mer en cours ou en fin de saison ?

Tant qu’il s’agit de textiles, suivez les instructions portées sur l’étiquette ( si c’est écrit en chinois, trouvez un traducteur, en hongrois, une Hongroise, etc. )

Pour les polaires et autres mélanges gore textés, même scénario : lire la notice.

Pour les cirés et leurs accessoires, le rinçage a la mano – pas celui de la tribu de Dana ! – à l’eau douce exclut toute forme de tambour de machine. Séchage en zone bien ventilée pour l’odeur de mer et poissons ôter.

– Et les gilets de sauvetage automatiques ?

– Je conseille d’en passer un à la machine si vous voulez changer votre électro ménager en attaquant le fabricant CAR IL N’EST PAS PRéCISé DE NE PAS LAVER les gilets de sauvetage automatiques à LA MACHINE !

Cet exemple utile vient de l’expérience d’un mien ami, ou plutôt sa chérie, qui colla tout – fringues, cirés, gilet – à la machine : le hublot était bloqué, il a fallu le forcer à la barre à mine puis attaquer le gilet gonflé au couteau. Life is not a long quiet river !

 

 

 

 

Ceci est un complément du Dico insolite des Mots (Maux) Marins.

Ah oui! Pour acquérir un new gilet automatique, demandez Benoît chez AD St Brieuc.

 

 

 

 

 

* Merci Alain Souchon pour l’emprunt dévié

Saba rematée, Saba rebômée!

Sous le presque soleil annonciateur de pluie briochine, par la grâce active de Benoît, le boss d’Accastillage Diffusion, de Nicolas le grutier et sous les flashs photo de Sophie the shrimp of ze Neubourg, Saba s’est élevée au-dessus de l’eau pour redevenir le voilier ardent que ceux qui l’ont affrontée connaissent par son fier remâtage accompagné de sa bôme de spruce comme Tonton Illingworth les concoctait dans les sixties.

Départ vers La Rochelle la semaine avant le Grand Pavois.

Autoclavé ! Ou le convoyage (h)ilarien*

Toujours un plaisir de retrouver les yachts classiques à Port Louis où les services du port n’ont d’égal que ceux de Paimpol : amabilité, disponibilité et hyper efficacité.

Passant outre les propos de Patrick B. à mon sujet (Philippe a pour habitude d’embarquer des mineures !), Patricia & Christophe m’avaient confié le convoyage d’Ilaria, ravissant cotre de 15,80 m dessiné par Laurent Giles et construit en Italie. Convoyage à titre gracieux parce que le canote le vaut bien. J’avais recruté Pascal alias Babybel Blitz * qui lui-même recruta Romuald, le Napoléon Grek***. Deux vrais marins avec lesquels on manœuvre sans trop de commandement comme on profite de l’instant en optimisant la navigation.

Proclamation des résultats de la première étape de la PLR dont on retiendra le translation showman alias mister VP C° du YCC. La version GB fut plutôt plus rigolote que la Frenchie. D’autant que les mêmes Anglais déploraient la franchouillitude des vacations qui leur interdisait d’avoir accès aux infos utiles. Brexit punishment ? Puis ce furent diner d’équipage et bar papotages.

Après que nous l’ayons avitaillée (!), Ilaria accompagne la flotte jusqu’à la ligne de départ et suit les démêlés réclamatifs entre Kraken et Cervantès.

Et hop ! Direction Douarnenez dans la brise fraichissante in ze pif. Entre 20 & 25 nds. Un ris et le yankee. En croisant Initiatives Coeur à Samantha Davies et Le Mutin, patron Cédric. Bavardages VHF.

– Le yankee tu vois tellement bien sous le vent que tu as du mal à lever ton QI pour endrailler la trinquette !

Hormis le mode d’emploi de Christophe, les indications techniques étaient écrites en italien. Le terme « autoclave » (chauffe-eau) devint notre leitmotiv. Autoclave par ci, autoclave par là. Au bout de deux jours, nous pratiquions l’italien du mode d’emploi. Equipage hilare à bord de la belle Ilaria.

Remontée donc pour s’arrêter mouiller sous Penfret. Guindeau HS et davier quelque peu tordu qui, avec de la chaine de 10, laissaient augurer d’un relevage musclé. Le vent s’établissait à 25 nds de Nord ! tandis que nos voisins sautaient dans les vagues courtes, Ilaria se dandinait élégamment.

Au diner, après les entrées, ce fut un couscous spécial Penfret animé par les discussions techniques électricité et moteur de Romuald. La marée baissant, les vagues se calmèrent.

Au matin, la mer est celle du vent descendu à 15 nds.

A l’évidence, le démouillage allait être hard ! A la mano, of course!

Nous recourûmes à la technique de l’aussière frappée sur la chaine et remontée au winch de foc. Le parcours était direct, bien utiles les passavants dégagés et le pont flush deck !

Soulagée au moteur, la bagarre musclée dura une heure et l’ancre finit par déraper. La chèvre de Monsieur Seguin combattît toute la nuit. Muscles surchauffés pour les matelots mais le job was done.

Go to Penmarch au débridé (1 ris & yankee) puis yankee réduit en baie d’Audierne, vent du raz, vers Pouldreuzic. Entre pays Bigouden, Glazik et Penn sardin.

– Avec, furieux d’y être coincés, le Capistes, commenta Romu qui ne les apprécie guère.

Direct vers la Vieille et la Plate, courants poussants. Jolie lumière. Vent fraîchoux.

Ascenseur de 2 heures après la basse mer, passées les 2 frangines du raz, Ilaria absorbe les habituelles vagues désordonnées, très élégamment.

Enfin, on ouvre au travers, cap sur Douarn ! Avec des pointes d’euphorie à plus de 10 nœuds.

L’entrée dans l’écluse du Port Rhu est hors horaires administratifs. La capitainerie de Tréboul informée de notre arrivée, avait balisé de rouge et blanc les 16 mètres de ponton nécessaires à accueillir la belle italienne.

Envoi : envisageons Ilaria dans la prochaine Classic Channel Regatta. Je dis ça je dis rien, isnt’it Patricia et Christophe. Le message est fort peu subliminal, m’enfin!

* Ilaria est un prénom définissant quelqu’un de joyeux. St Hilaire rigolait tout le temps. Ce qui a donné hilare. Nous avons donc bien rigolé.

** La vitesse quantitative d’absorption de la pâte cuite blisterisée rouge par le susdit: à ne pas voir!

** on nomme les Groisillons Grek car leurs Groisilllonnes avaient toujours une cafetière (grek en breton) sur le feu pour réchauffer les pêcheurs de la famille à leur retour. Pontivy fut Napoléonville, d’où le raccourci sémantique.

Port Rhu 1992.

Escapade (tauds bleus) à couple de Stormy Weather