A mains nues

Je préfère l’âge tendre, écrivait chantait la longue dame brune.
Formule de poète en petit passage à vide. Perso I do not agree. Non pas qu’il faille s’accrocher mais tant que ça tourne, continuons la danse. Il n’y en aura pas d’autre. Le concept de la métempsychose est attrayant (je termine un chapitre où j’évoque mes 3 réincarnations: sanglier, maharadjah et facteur) mais une autre forme de lutte finale me taraude: celle de terminer en combattant, les armes à la main et pas les larmes aux yeux – le glaive ou le sanglot – en pleurant sur son coquin de sort.

Corolaire inévitable de ce combat si l’on élimine les crabes et autres saloperies, la raison de terminer les armes à la main. En (se) défendant, en se battant contre un plus méchant musclé tordu que soi, David vs Goliath. Famille, patrie.

Est-il mieux de se battre au nom d’une divinité (philosophique, admise parce que conçue et réfléchie vs imposée hystérique) que pour protéger la folie terriblement ordinaire d’un chef de guerre de chair et d’os comme soi-même? Sans autre légitimité que celle d’être le boss adoubé par ses pairs achetés compromis mandatés.

Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente, composa Tonton Georges pour exprimer son refus de suivre aveuglément tel ou tel étendard, celui des sectes porteuses d’idées belliqueuses et que l’on « voit venir avec leurs gros drapeaux.

De son temps, on le taxait d’anti militariste. Heureusement, l’antimilitarisme n’est plus en vogue, on fait beaucoup mieux. Terriblement mieux.

Les soldats et les militaires sont occupés à des taches administratives. Les tarés psychopathes sont au taquet pour tuer. Les nécrologues assermentés et les pleureuses officielles se répandront dans les médias pour aseptiser les trépas. La cohorte des eunuques aveugles se répandra en supputations averties avant de changer de sujet. Bien programmés les autistes.

A mourir donc pour mourir, je préfère à mains nues et debout même si le combat est déloyal. La loyauté existe-t-elle chez les cancrelats despotiques?

Discuté to day au Salon des Antiquaires à Saint Sulpice avec un exposant de 77 ans qui vendait essentiellement des cartes murales comme on en avait à l’école. Le truc rigide avec 2 oeillets à accrocher sur le tableau noir. M’a montré sa carte BBR d’officier à la DGSE. Nous avons causé France Patrie partie. A la fin, on s’est serré la main les yeux humides. Merci Monsieur même si cette déshérence patriotique est organisée par une tripotée de gus sans morale ni valeurs.