Hootenanny, remember & replay

Traduire par Hululement de nourrice!

Réunion chantée où chante qui veut et ce qu’il veut, très en faveur à la fin des années 1950, aux États-Unis, dans les milieux universitaires et libéraux amateurs de folksongs, le hootenanny est importé à l’American Center de Montparnasse à Paris, en 1963. Il y connaît un succès rapide et durable, sous l’impulsion d’un Français issu de l’émigration juive polonaise, Lionel Rocheman. Le répertoire anglo-américain, d’abord hégémonique, fait droit à d’autres esthétiques, notamment à la chanson française dans toutes ses déclinaisons, chanson traditionnelle incluse. Le hootenanny innove surtout en imposant la formule de la scène ouverte qui remet radicalement en cause la frontière entre artistes et public, l’immense majorité des performers étant des amateurs sans ambition de carrière. Le hootenanny fait figure de matrice du mouvement folk français, en sortant, au moins provisoirement, la chanson traditionnelle de l’ornière essentialiste où l’avait enlisé la politique culturelle du gouvernement de Vichy.

D’après François Gasnault, « Hootenanny au Centre américain », L’Homme, 2015,

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