Révélations charpentières ! Saba à la découverte de l’antifouling paimpolais!

Quittons quelques temps la Lady Taud, sa goélette et ses croisières chypriotes et maltaises pour aborder à Paimpol, sa paimpolaise, sa falaise, son pardon en pays Breton. Où les sirènes de pompiers font « pinpol, pinpol » et celles de police stridulent comme partout, la démonstration que le pompier s’adapte au terrain alors que le policier tente de s’y cacher pour verbaliser caché (ok, je fais mon contestataire mais dans la région, les portiques revus par les bonnets rouges bougent !)

P1Donc, Saba, la belle est sortie du chantier de Maître Gilles où elle s’est fait une belle coque bien étanche – crossing my fingers – pour être entreposée dans le hangar annexe dont le faîte du porche rase le balcon. Traduction : ya pô de trop pour passer !
Benoit, Eric & my apple avons poncé, peint, antifoulé de 8 h du matin à 8 h du soir durant 2 jours. Arbeit prolongé tardivement « à la bonne mouillette » à sucer des glaçons chargés au punch pour tenter de suivre Céline qui fêtait son anniversaire ! « Dis moi Céline, les années ont passé » (ok, on a même chanté &  joué la chanson !).

P2Côté peintures, fallu juste gérer le temps de séchage de la ligne bleue de flottaison pour coller le scotch de masquage des autres couleurs sans décoller les autres. Un métier, peintre sur bateau en bois. Etant du genre tâcheron, j’ai spotté blanc, bleu et rouge mon t-shirt. Ravissant & irrécupérable.

Innovation sur bâbord : l’indicateur patronymique de gite extérieur – IPGE – où + Saba penche, + le badaud lit son nom !

P3Artistiquement réalisé par Benoit au pinceau fin et au rouleau gros.

Qui m’a parlé de pinceau à réchampir ?

Mardi – Maitre Gilles, dans son for intérieur inquiet du degré putatif de montée des eaux dans la coque de Saba (cf. épisode précédent), s’est roulé un clope, avalé un café puis a dit : « on va mettre Saba allo ce soir pour qu’elle est le temps, dument sanglée, de gonfler ! » Parole de charpentier, cochon n’peut s’en dédier !
Or, donc, il se met en œuvre, avec David, de troquer les chandelles de ber pour amener la remorque à roues & vérins ; laissant lô les pros, nous allons tester le second resto ouvrier de Paimpol après l’essai du premier la veille. D’abord respect: Mon coté social prédomine mais surtout la qualité commune du rapport qualité de l’accueil/prix. Les dames sont aimables, le repas roboratif, le rouge est inclus, tu te fais des potes en cotte, … De plus – confidence – je pouvais conserver mon t-shirt tacheté tricolore pour aller manger.4

Nous déjeunâmes et rentrâmes au moment même où le charpentier paimpolais met en route son tracteur élévateur tireur pousseur, engin qui demande un brevet qualificatif particulier pour être conduit, au point qu’il semble que Gilles en soit l’unique pilote breveté.
Pas facile la manœuvre. Comme à l’aller, ça passe ras, mais ça passe. Si le compas dans l’œil est douloureux, ôte le (proverbe pagan).

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Donc, roulant doucettement entre les flaques sous le doux soleil nuageux mais doux, Justin Bridou (rien à voir, j’ai pensé à lui !), Saba est convoyé jusqu’au camion grue où Pierre Louis de la dynastie Dauphin l’attend.

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Du haut de sa tour de contrôle, sa sentence tombe : « la peinture de la coque n’est pas sèche, on met à l’eau demain matin ! » merci ô Mister Dauphin qui nous évite de re-repeindre ce qui l’a déjà été.
Et là, notre charpentier paimpolais préféré suggère : « ce serait bien de mettre du gras entre les bordés afin de restreindre les entrées d’eau le temps que le bois gonfle ! » incrédulité des 3 peintres classiques. « Et, …. Quel genre de gras, patron ? » « Du saindoux, c’est pas mal ! »

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Nous allâmes, tel le petit chaperon rouge portant un petit pot de beurre à sa mère grand, chercher 3 plaquettes de 250 g de saindoux (facture jointe) que nous appliquâmes au couteau de peintre entre les bordés. Avec le doute d’une supercherie charpentière (du type corde à virer le vent, … Saindoux, priez pour nous!). Nous saindouxâmes joliment, beurrant la coque rouge de longues stries grasses comme le cuistot le ferait pour un gros poisson qui va passer ensuite au four (le chenal du… of course!)
Donc mercredi (pas fini), mise sous sangles et grutage de Saba qui savait bien que quelque part, les esprits d’ Annie, Béatrice, Catherine, Cécile, Laurence, Marion, Mireille, Eric, François, Gérard, Guy, Jean François, Jean Paul, Pascal, Thierry, Vincent, Xavier, participaient à l’événement.

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Descente dans l’eau, un peu suspendu puis totalement. Un peu d’eau entrante. Rien à voir avec les torrents de la fois précédente, aussi fougueux que ceux des montagnes à tel point que j’ai cru voir passer un chamois entre les bordés (gwin ru et altitude ne font guère bon mariage). Là, ce sont les poissons qui s’agglutinent en files avides, ravis du saindoux à susotter. Et la pompe de cale étanche posément, à intervalles de plus en plus espacés.
Le moteur démarre tranquille puis stoppe aussi tranquille ! Benoit enfile ses gants bleus, démonte, nettoie, remonte les filtres, resserrage de la durite de réservoir qui faisait son appel d’air. Vroom pout pout, c’est reparti!

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Et Saba part en croisière vers le fond du port où elle est amarrée contre le gros remorqueur batave reconverti à la plaisance.
C’est Jean Louis le maitre de port qui l’a dit de se garer lô et nous on obéit !

C’est beau un Saba dans l’eau !

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