Autoclavé ! Ou le convoyage (h)ilarien*

Toujours un plaisir de retrouver les yachts classiques à Port Louis où les services du port n’ont d’égal que ceux de Paimpol : amabilité, disponibilité et hyper efficacité.

Passant outre les propos de Patrick B. à mon sujet (Philippe a pour habitude d’embarquer des mineures !), Patricia & Christophe m’avaient confié le convoyage d’Ilaria, ravissant cotre de 15,80 m dessiné par Laurent Giles et construit en Italie. Convoyage à titre gracieux parce que le canote le vaut bien. J’avais recruté Pascal alias Babybel Blitz * qui lui-même recruta Romuald, le Napoléon Grek***. Deux vrais marins avec lesquels on manœuvre sans trop de commandement comme on profite de l’instant en optimisant la navigation.

Proclamation des résultats de la première étape de la PLR dont on retiendra le translation showman alias mister VP C° du YCC. La version GB fut plutôt plus rigolote que la Frenchie. D’autant que les mêmes Anglais déploraient la franchouillitude des vacations qui leur interdisait d’avoir accès aux infos utiles. Brexit punishment ? Puis ce furent diner d’équipage et bar papotages.

Après que nous l’ayons avitaillée (!), Ilaria accompagne la flotte jusqu’à la ligne de départ et suit les démêlés réclamatifs entre Kraken et Cervantès.

Et hop ! Direction Douarnenez dans la brise fraichissante in ze pif. Entre 20 & 25 nds. Un ris et le yankee. En croisant Initiatives Coeur à Samantha Davies et Le Mutin, patron Cédric. Bavardages VHF.

– Le yankee tu vois tellement bien sous le vent que tu as du mal à lever ton QI pour endrailler la trinquette !

Hormis le mode d’emploi de Christophe, les indications techniques étaient écrites en italien. Le terme « autoclave » (chauffe-eau) devint notre leitmotiv. Autoclave par ci, autoclave par là. Au bout de deux jours, nous pratiquions l’italien du mode d’emploi. Equipage hilare à bord de la belle Ilaria.

Remontée donc pour s’arrêter mouiller sous Penfret. Guindeau HS et davier quelque peu tordu qui, avec de la chaine de 10, laissaient augurer d’un relevage musclé. Le vent s’établissait à 25 nds de Nord ! tandis que nos voisins sautaient dans les vagues courtes, Ilaria se dandinait élégamment.

Au diner, après les entrées, ce fut un couscous spécial Penfret animé par les discussions techniques électricité et moteur de Romuald. La marée baissant, les vagues se calmèrent.

Au matin, la mer est celle du vent descendu à 15 nds.

A l’évidence, le démouillage allait être hard ! A la mano, of course!

Nous recourûmes à la technique de l’aussière frappée sur la chaine et remontée au winch de foc. Le parcours était direct, bien utiles les passavants dégagés et le pont flush deck !

Soulagée au moteur, la bagarre musclée dura une heure et l’ancre finit par déraper. La chèvre de Monsieur Seguin combattît toute la nuit. Muscles surchauffés pour les matelots mais le job was done.

Go to Penmarch au débridé (1 ris & yankee) puis yankee réduit en baie d’Audierne, vent du raz, vers Pouldreuzic. Entre pays Bigouden, Glazik et Penn sardin.

– Avec, furieux d’y être coincés, le Capistes, commenta Romu qui ne les apprécie guère.

Direct vers la Vieille et la Plate, courants poussants. Jolie lumière. Vent fraîchoux.

Ascenseur de 2 heures après la basse mer, passées les 2 frangines du raz, Ilaria absorbe les habituelles vagues désordonnées, très élégamment.

Enfin, on ouvre au travers, cap sur Douarn ! Avec des pointes d’euphorie à plus de 10 nœuds.

L’entrée dans l’écluse du Port Rhu est hors horaires administratifs. La capitainerie de Tréboul informée de notre arrivée, avait balisé de rouge et blanc les 16 mètres de ponton nécessaires à accueillir la belle italienne.

Envoi : envisageons Ilaria dans la prochaine Classic Channel Regatta. Je dis ça je dis rien, isnt’it Patricia et Christophe. Le message est fort peu subliminal, m’enfin!

* Ilaria est un prénom définissant quelqu’un de joyeux. St Hilaire rigolait tout le temps. Ce qui a donné hilare. Nous avons donc bien rigolé.

** La vitesse quantitative d’absorption de la pâte cuite blisterisée rouge par le susdit: à ne pas voir!

** on nomme les Groisillons Grek car leurs Groisilllonnes avaient toujours une cafetière (grek en breton) sur le feu pour réchauffer les pêcheurs de la famille à leur retour. Pontivy fut Napoléonville, d’où le raccourci sémantique.

Port Rhu 1992.

Escapade (tauds bleus) à couple de Stormy Weather

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